Quand on accueille des enfants venus de familles aux origines variées, ou simplement quand on souhaite éveiller leur curiosité, parler des jours fériés et des fêtes pratiqués dans d’autres pays est un formidable point d’entrée. Loin d’être un exercice scolaire, c’est une porte ouverte sur le monde qui aide les plus jeunes à comprendre que d’autres rythmes, d’autres récits et d’autres saveurs coexistent au-delà de leur quotidien.
L’intérêt éducatif de découvrir le calendrier d’un autre pays
À partir de 4-5 ans, les enfants commencent à percevoir la notion de temps, de saison et de répétition. Leur expliquer qu’à des milliers de kilomètres, des familles fêtent des choses qu’ils ne connaissent pas développe à la fois :
- La curiosité et l’ouverture culturelle
- Les compétences de repérage temporel (mois, saisons, calendriers)
- L’empathie par la compréhension d’autres modes de vie
- Le vocabulaire lié aux fêtes et traditions
Cette démarche est particulièrement précieuse dans les structures d’accueil de la petite enfance — crèches, halte-garderies, assistantes maternelles — où la pluralité culturelle des familles est une réalité quotidienne.
La Tunisie comme exemple : un calendrier riche entre religion et histoire
La Tunisie offre un cas d’école pour illustrer la diversité aux enfants. Son calendrier combine en effet des fêtes religieuses musulmanes (Aïd al-Fitr, Aïd al-Adha, Mouled), des commémorations historiques liées à l’indépendance (20 mars) et à la République (25 juillet), ainsi qu’une fête de la femme spécifique (13 août) qui peut intéresser les plus grands pour aborder l’égalité.
Pour préparer une activité autour de ces dates, il est utile de connaître précisément le calendrier officiel des jours fériés tunisiens, dont la liste actualisée est disponible sur le récapitulatif des jours fériés en Tunisie. Les dates des fêtes musulmanes varient chaque année selon le calendrier lunaire, ce qui en soi peut faire l’objet d’une mini-leçon sur les différents calendriers utilisés dans le monde.
Idées d’activités à proposer en accueil collectif ou individuel
Plutôt qu’un cours théorique, mieux vaut privilégier des activités sensorielles et créatives :
- Préparer ensemble une recette emblématique — la chorba (soupe traditionnelle servie pendant le Ramadan), les makrouts (gâteaux aux dattes) en petites quantités adaptées aux enfants
- Écouter de la musique traditionnelle — les rythmes du malouf ou les chants berbères surprennent et captivent
- Lire un album jeunesse dont l’histoire se passe en Tunisie ou au Maghreb
- Bricoler un mini-calendrier où les enfants placent les fêtes apprises
- Comparer avec les fêtes françaises — quels sont les points communs, les différences, les jours où “tout est fermé”
L’objectif n’est pas l’exhaustivité ni la performance pédagogique, mais l’ouverture progressive et joyeuse.
Comment aborder les fêtes religieuses avec des tout-petits
Beaucoup d’assistantes maternelles redoutent d’évoquer les fêtes religieuses par crainte de “mal faire” ou d’aborder un terrain sensible. Quelques principes simples permettent de naviguer sereinement :
- Présenter sans hiérarchie — pas de “vraie” ou “fausse” fête, juste des familles qui célèbrent différemment
- S’appuyer sur le concret — les couleurs, les odeurs, les chants, plutôt que les concepts théologiques
- Respecter les familles — chaque foyer décide de ce qui est partagé ou non avec son enfant
- Rester dans la curiosité — pas de prosélytisme, pas de jugement, juste l’envie d’apprendre
Les parents apprécient en général qu’on prenne le temps d’évoquer les fêtes liées à leur culture sans en faire un sujet tabou.
Le rôle clé des professionnels de la petite enfance
Les nounous, assistantes maternelles agréées, auxiliaires de puériculture jouent un rôle central dans la construction de l’identité culturelle des enfants qu’elles accueillent. Aborder les jours fériés du monde, c’est aussi valoriser les enfants issus de familles bi-culturelles qui voient enfin leurs racines évoquées dans le cadre éducatif. C’est un message puissant : “ce que tu vis à la maison existe aussi à l’extérieur, et ce n’est ni étrange ni à cacher”.
Cette posture rejoint le cadre de référence officiel de l’accueil du jeune enfant, qui encourage explicitement à reconnaître et valoriser la diversité des familles.
Préparer son année autour des temps forts
Pour structurer ses activités annuelles, on peut tenir un cahier ou un tableau visuel où l’on note les principaux jours fériés français et de quelques pays choisis selon les origines des familles accueillies. Cette préparation en amont permet :
- D’anticiper les achats spécifiques (ingrédients, accessoires)
- De prévenir les parents pour les solliciter (témoignages, recettes familiales)
- D’éviter de découvrir une fête importante la veille
- De varier les pays d’année en année pour rester dans la curiosité plutôt que la routine
Une bonne pratique consiste à choisir 3 à 5 pays par an, en lien avec les enfants accueillis ou avec l’actualité, plutôt que de vouloir couvrir tous les calendriers du monde.
En conclusion
Faire entrer la diversité culturelle dans le quotidien des enfants n’a pas besoin de grands discours. Une recette partagée, une comptine d’ailleurs, le repérage d’une fête sur un calendrier suffisent souvent à éveiller la curiosité et à valoriser les origines de chacun. Les jours fériés d’autres pays sont une matière première idéale : concrets, calendaires, riches en images. Et pour les professionnels comme pour les parents, c’est un moyen simple de transmettre un message universel — celui de la richesse infinie des manières d’être au monde.


